Le Black Friday 2026 tombe le vendredi 27 novembre 2026, et comme chaque année il aura commencé bien avant. Ce qui se joue pendant cette semaine-là n'est pas vraiment une question de remises : c'est une question de point de comparaison. Une étiquette barrée ne dit rien tant qu'on ignore ce que le produit coûtait il y a un mois, trois mois, six mois. C'est exactement ce que nous mesurons le reste de l'année.
Ce que la loi impose, et ce qu'elle ne dit pas
Depuis mai 2022, une annonce de réduction doit indiquer le prix le plus bas pratiqué par le vendeur au cours des trente jours précédents — c'est l'ordonnance de décembre 2021 qui a transposé la directive européenne dite « Omnibus », et la DGCCRF contrôle son application pendant les grandes opérations, Black Friday compris (la fiche pratique de la DGCCRF).
C'est une bonne règle, et elle a un angle mort : trente jours, c'est court. Un produit dont le prix a monté en octobre affiche en novembre une réduction parfaitement légale par rapport à un prix de référence qui n'a que quelques semaines. Nos relevés, eux, remontent à six mois. Sur chaque page de cette section, nos relevés confrontent le prix du jour au plancher que nous avons réellement enregistré sur cette fenêtre — et il arrive souvent que la « meilleure offre de l'année » soit simplement le prix du mois de juin.
Une année où les prix sont montés, pas descendus
Le contexte mérite d'être posé, parce qu'il change ce qu'il faut attendre. En 2026, les trois constructeurs de consoles ont relevé leurs tarifs en l'espace de cinq mois : Sony en avril, Microsoft au 1er août avec des hausses allant de plus d'un tiers à la moitié du prix selon le modèle, Nintendo au 1er septembre. Tous invoquent le même poste : le coût de la mémoire, tiré vers le haut par la demande des centres de données. Une console vendue au tarif qu'elle affichait avant ces hausses est donc, mécaniquement, une meilleure affaire qu'un rabais de circonstance calculé sur le nouveau prix.
Ce mouvement est inhabituel : pendant trente ans, une console coûtait moins cher à mesure qu'elle vieillissait. Le détail chiffré, génération par génération et en euros constants, est dans notre observatoire des prix.
Rayon par rayon, ce qui bouge vraiment
Les baisses ne se répartissent pas au hasard, et l'écart entre rayons est plus grand que celui entre enseignes. Sur le jeu vidéo, la période est excellente pour les titres de plus de six mois et souvent inutile pour les nouveautés. Sur les PS5, Nintendo Switch et Xbox, ce sont les packs et les accessoires qui bougent plus que les machines elles-mêmes. Le PC portable et la TV sont les deux rayons où les remises affichées sont les plus spectaculaires et les plus difficiles à interpréter, parce que la référence exacte change d'une enseigne à l'autre.
Faut-il attendre le Black Friday ?
Pas systématiquement, et c'est le conseil le moins répandu de la période. Sur un produit dont le prix descend régulièrement toute l'année, attendre novembre revient parfois à payer plus cher qu'en septembre. Sur un produit qui ne baisse qu'une ou deux fois par an — les jeux d'un certain éditeur, les téléviseurs de l'année en cours — la fenêtre est réelle et vaut la patience. La bonne méthode ne consiste jamais à guetter un pourcentage : elle consiste à connaître le prix plancher, puis à acheter quand il est approché. C'est à ça que servent nos bons plans le reste de l'année.